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Troubles de l’endormissement de l’enfant

Journée nationale du sommeil

Refus d’aller se coucher, peur du noir, cauchemars, les plus petits ont des troubles de l’endormissement qui retentissent sur leur bien-être dans la journée et provoquent fatigue des parents qui redoutent le moment du coucher de l’enfant. Le Dr Marie-Françoise Vecchierini, neuropsychiatre à l’AP-HP nous explique comment aider les plus petits à se réconcilier avec le sommeil à l’occasion de la journée nationale du sommeil.

 

Vanessa Pageot : Quels sont les troubles de l’endormissement qui affectent les jeunes enfants ?
Dr Marie-Françoise Vecchierini.– Typiquement, le jeune enfant refuse d’aller se coucher ou, s’il est déjà couché, se relèvera plusieurs fois pour revenir vers ses parents.

 

V.P : Quelles sont les raisons de cette difficulté à s’endormir ?
Dr M-F.V. – Entre un et trois ans, l’enfant se développe énormément tant au niveau physique que psychologique. C’est la période au cours de laquelle se produit un évènement majeur : l’acquisition de la marche, formidable moment d’indépendance. Il commence aussi à découvrir les interdits auxquels il veut s’opposer pour marquer son statut de plus grande autonomie. Les troubles de l’endormissement coïncident souvent avec la période du « non ». Se coucher est aussi une séparation avec ses parents qui demeurent éveillés. Ce moment de séparation peut-être source d’anxiété. Les parents doivent comprendre qu’il est important de ne pas céder aux demandes de l’enfant qui veut se coucher plus tard, rester avec eux, etc.

 

V.P : Comment les parents peuvent-ils aider leur enfant à se réconcilier avec le sommeil ?
Dr M-F.V. – Au passage du lit de bébé à barreaux au lit d’enfant, il est préférable de demander à son fils ou à sa fille d’aller seul au lit pour qu’il se l’approprie et pour qu’il se créé un moment d’intimité. Les objets transitionnels comme les doudous sont importants pour aider l’enfant à ce passage. Le sommeil se prépare la journée avec des horaires de repas réguliers, des activités qui baissent en intensité le soir. Au moment du coucher, maintenir une petite veilleuse si l’enfant en fait la demande ou a peur du noir, puis ultérieurement éteindre la lumière. La baisse de la lumière et le noir sont nécessaires à la production de la mélatonine qui participe à la régulation d’un bon rythme veille-sommeil, dès l’enfance.
Enfin, il est essentiel d’installer une hygiène de sommeil avec des horaires de couchers et de lever réguliers, même pendant le week-end afin de respecter le rythme circadien de l’enfant.

 

V.P : Que faire si l’enfant a peur du noir ?
Dr M-F.V. – C’est une question récurrente, les enfants jusqu’au CP craignant souvent l’obscurité. Il ne faut pas hésiter à les rassurer soit avec une veilleuse soit en laissant la porte de la chambre entrouverte sur un couloir allumé.

 

V.P : Comment répondre aux cauchemars de son enfant ?
Dr M-F.V. – Si l’enfant se réveille pendant la nuit à cause d’un cauchemar, souvent en deuxième partie de la nuit, et appelle ses parents, il est préférable d’aller le retrouver et lui faire raconter ce méchant rêve et lui faire comprendre que le rêve n’est pas la réalité. C’est important d’être à l’écoute des cauchemars de son enfant, surtout s’ils sont récurrents car ils peuvent faire écho à un traumatisme vécu comme le décès d’une personne dans la famille, un accident, une maladie, etc.

 

V.P : Quels sont les risques du manque de sommeil chez l’enfant ?
Dr M-F.V. – Au-delà de la fatigue, la somnolence se traduit chez l’enfant par de l’énervement, une difficulté à fixer son attention. Troubles de l’attention et de la concentration en journée sont souvent liés au manque de sommeil.

 

Les heures de sommeil chez l’enfant
Selon les normes établies par l’OMS et la Société américaine de pédiatrie  :
– entre 18 mois et 3 ans, entre 11 à 14 heures de sommeil,
– entre 3 et 5 ans, entre 10 à 13 heures,
– entre 6 et 13 ans entre 10 et 11 heures.
Il s’agit d’une moyenne car dès les premières années de leur vie, certains enfants sont déjà de petits ou grands dormeurs.

 

Vanessa pageot

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Vanessa Pageot: Journaliste en presse spécialisée santé pendant sept ans, je suis aujourd’hui journaliste freelance pour plusieurs éditeurs. Je travaille essentiellement sur des sujets santé.
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