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Cancer du sein et jeune maman

Cancer du sein et jeune maman

Quand le cancer se nourrit des hormones de grossesse

Il y a 3 ans, la sage-femme dépiste une anomalie sur le sein d’Adeline Demesy, 3 mois après son accouchement. La tumeur s’était nourrie des hormones de grossesse et les métastases étaient déjà visibles au niveau osseux… Adeline se transforme en une guerrière optimiste en essayant de concilier chimio et son rôle de maman.

Comment a été diagnostiqué votre cancer du sein ?

Adeline Demesy.– J’ai accouché il y a trois ans. Lors d’une séance de rééducation du périnée, trois mois après l’accouchement, mon sein était très douloureux et j’en ai alors parlé à la sage-femme. Elle a tout de suite appelé un confrère radiologue et trois heures après je passais une mammographie. La tumeur faisait 8 cm de diamètre ! Le lendemain ont suivi un scanner et une biopsie puis la semaine suivante, le rendez-vous avec l’oncologue.

Votre tumeur devait former une boule. Personne ne l’avait remarqué avant ?

A.D.– Non. Je me souviens que deux semaines avant d’être enceinte, j’avais eu mal au sein. Mais je ne m’étais pas inquiétée. J’en ai parlé à mon médecin généraliste une fois enceinte. Il a mis cette douleur sur le compte de la grossesse et des hormones. J’étais dans l’euphorie d’être maman. A 31 ans, je n’ai pas pensé une seconde au cancer du sein, j’étais trop jeune et « ça » ne pouvait pas m’arriver. Les médecins m’ont dit par la suite que la tumeur s’est alors développée plus vite à cause des hormones de grossesse…

Comment s’est passé l’accouchement ?

A.D.– J’ai accouché avec un mois d’avance. Et heureusement, sinon je ne serai peut-être plus là car la tumeur avait déjà fait son chemin avec des métastases dans tout le corps au niveau osseux…

Vous deviez souffrir ?

A.D.– Je ressentais des douleurs dans le dos notamment. Mais je raccrochais cela à une ancienne hernie et à une sciatique que j’avais eu précédemment. Je ne prenais pas vraiment le temps d’écouter mon corps…Maintenant, quand j’y repense, je me dis que je n’ai pas vu les « signaux » d’alerte. Après l’accouchement, la douleur au sein était si forte que je ne supportais pas qu’on le frôle, même le jet de douche était devenu douloureux.

Quel fut votre réaction lors de l’annonce du cancer ?

A.D.– Au début, je suis restée optimiste. C’est mon caractère. Je me disais que la tumeur devait être bégnine. Et qu’elle guérirait vite. Quand l’oncologue m’a dit qu’il s’agissait bien d’une tumeur maligne il m’a annoncé dans la foulée une mastectomie. Je n’étais toujours pas inquiète car je voulais éviter la chimio.

Vous avez pourtant fait de la chimio…

A.D.– Oui, car dès que les médecins ont reçu les résultats de la biopsie et qu’ils ont constaté les métastases osseuses, la mastectomie n’aurait servi à rien. C’est tout le corps qu’il fallait soigner. Un oncologue en intérim (par la suite c’est un autre qui me suivra) était très pessimiste : pour lui, j’avais seulement 6 mois à vivre maxi 1 an. 6 mois ! Alors que je venais d’être maman. Ce fut un coup dur. J’ai voulu leur montrer, à ce médecin, qu’il se trompait.

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Comment avez-vous géré l’hospitalisation et votre rôle de maman ?

A.D.– Ce fut compliqué. Mes parents et ma sœur m’ont énormément soutenu et je les remercie. J’ai eu aussi une assistante maternelle exceptionnelle pour garder ma fille. C’est depuis un plus d’un an que je reprends à plein temps mon rôle de maman.

Quel regard portez-vous sur votre prise en charge avec un peu de recul ?

A.D.– J’étais très bien entourée ! En plus de l’aspect purement médical, il y avait un suivi diététique, esthétique et psychologique. J’étais leur plus jeune patiente et j’étais un peu leur mascotte !

Comment avez-vous repris le cours de votre vie ?

A.D.– Je passe, évidemment, beaucoup de temps avec ma fille. J’ai changé de vie car cette épreuve ne laisse pas indifférent. On voit la vie autrement. Vraiment.
Je me suis tournée davantage vers la spiritualité, la méditation, la foi et le développement personnel. Je continue à écrire aussi. Mon second ouvrage est en phase finale d’écriture, j’espère le publier prochainement.

Quel message aimeriez-vous passer aux jeunes femmes ?

A.D.– Si elles ont le moindre doute, qu’elles se fassent dépister ! Il ne faut pas se croire intouchable à 20, 30 ou 40 ans. Je crois même, qu’au fond de nous, on sait qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Ecoutez votre corps, écoutez-vous : plus tôt est pris le cancer du sein, plus vous avez de chances d’être guérie.

 

Propos recueillis par Vanessa Pageot

 

Tout simplement
C’est le titre du premier livre écrit par Adeline Demesy, un recueil de nouvelles touchantes, résolument optimistes et combattantes. Comme elle.
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