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Orthorexie

L’obsession de manger sain

 

Où est le curseur entre manger sainement et souffrir d’orthorexie, trouble spécifique du comportement alimentaire où la qualité de la nourriture est obsessionnelle ?

 

L’orthorexie (littéralement « manger droit ») est un trouble du comportement alimentaire non spécifique, c’est-à-dire non reconnu. Pourtant, les associations, nutritionnistes et chercheurs en parlent de plus en plus. Comme dans le cas de l’anorexie ou la boulime, trouble du comportement alimentaire (TCA) reconnus, « la nourriture va prendre le contrôle de [leur] vie. Ici, il ne sera pas question de calories mais plus de qualité nutritionnelle de l’aliment consommé », souligne l’association Anorexie et boulimie Quebec. L’idée de consommer des aliments considérés comme mauvais devient alors anxiogène. La personne orthorexique, va s’imposer de nombreuses restrictions et culpabiliser à chaque « faute » alimentaire. Des restrictions qui, à terme, mènent à l’isolement puisque le repas entre amis, familial ou au restaurant ne sera pas en accord avec les principes stricts du « manger sain ».

Le bombardement médiatique sur les mauvais sucres, mauvaises graisses, colorants, etc. ne fait que renforcer cette conviction. Camille Adamiec, sociologue spécialiste de l’orthorexie, va plus loin lors d’une interview pour Nutrinews : « La prise alimentaire devient un acte individuel, quasiment égoïste, sans plaisir, où les autres n’ont pas de place. Les orthorexiques ont aussi tendance à développer un sentiment de supériorité face à ceux qui continuent de s’engluer dans des modes de vie et des pratiques alimentaires malsaines. Dans leur isolement, ils pourraient finir par se croire, non seulement supérieurs, mais éternels… » L’angoisse de la mort serait omniprésente chez les personnes souffrant orthorexie selon l’association québécoise.

 

Test de Bratman

 

Le terme orthorexie a été utilisé la première fois en 1997 par Steven Bratman, chercheur américain. Il a créé un test* pour aider les professionnels de santé à identifier un patient à risque :

– Passez-vous plus de 3 heures par jour à penser à votre régime alimentaire ?
– Planifiez-vous vos repas plusieurs jours à l’avance ?
– Avez-vous l’impression que la valeur nutritionnelle de votre repas est à vos yeux plus importante que le plaisir de le déguster ?
– Percevez-vous que la qualité de votre vie est dégradée, alors que la qualité de votre nourriture s’est améliorée ?
– Êtes-vous récemment devenu plus exigeant(e) avec vous-même ?
– Avez-vous l’impression que votre amour-propre est renforcé par votre volonté de manger sain ?
– Avez-vous renoncé à des aliments que vous aimiez au profit d’aliments « sains » ?

  • Votre régime alimentaire gêne-t-il vos sorties, vous éloignant de votre famille et de vos amis ?
  • Éprouvez-vous un sentiment de culpabilité dès que vous vous écartez de votre régime ?
  • Vous sentez-vous en paix avec vous-même et pensez-vous bien vous contrôler lorsque vous mangez sain ?

Si vous répondez oui à 4 de ces questions ou plus, Bratman conseillait alors de prendre rendez-vous avec un nutritionniste en association avec un psychologue.

Vanessa Pageot

* Le test de Bratman n’est pas un diagnostic médical.

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